
L'entrée en vigueur de la loi sur la concurrence au Guatemala le 1er janvier 2025 marque une étape importante dans la réglementation économique du pays. Avec la création de la Surintendance de la concurrence (SC), le gouvernement entend promouvoir une concurrence libre.
concurrence ; prévenir les pratiques monopolistiques et créer un environnement commercial plus équitable.
La mise en œuvre de ce règlement représente un changement important pour le secteur des entreprises, qui devra s'adapter à de nouvelles règles afin d'éviter les sanctions et d'optimiser ses opérations sur un marché plus réglementé.
Impact sur la compétitivité des entreprises
La mise en place d'un cadre réglementaire de la concurrence vise à uniformiser les règles du jeu entre les entreprises, ce qui aura divers effets sur l'économie :
I. Réglementation et surveillance accrues : les entreprises devront revoir leurs stratégies commerciales afin de se conformer à la loi et d’éviter les sanctions pour collusion, abus de position dominante ou accords anticoncurrentiels.
II. Transparence et équité du marché : La réglementation encouragera une concurrence loyale, au bénéfice des entreprises qui adoptent des stratégies concurrentielles sans recourir à des pratiques déloyales.
III. Reconfiguration des stratégies commerciales : Les entrepreneurs devront être plus innovants et efficaces ; se concentrer sur la qualité et la différenciation de leurs produits et services pour maintenir leur position sur le marché.
IV. Litiges et audits potentiels : une augmentation des besoins en conseils juridiques et la mise en œuvre de programmes de conformité réglementaire sont attendues ; ce qui représentera de nouveaux coûts d'exploitation pour de nombreuses entreprises.
Attentes concernant les prix des biens et services
Dans les pays où les lois sur la concurrence ont déjà été mises en œuvre, les effets sur les prix ont varié selon le secteur d'activité et le niveau d'application de la réglementation.
Au Guatemala, on s'attend à ce qui suit :
I. Une possible baisse des prix sur les marchés très concentrés, où la présence d'un nombre restreint d'acteurs a permis aux coûts de rester élevés. L'ouverture à une concurrence accrue obligera les entreprises à proposer de meilleurs produits ou services.
Les prix permettent de rester compétitif sur le marché.
II. L’innovation et la qualité seront encouragées : avec un plus grand nombre d’acteurs sur le marché, les entreprises devront améliorer leurs produits et services pour se différencier.
III. Changements dans la structure des coûts : L’adaptation à la nouvelle réglementation entraînera des coûts supplémentaires en termes de conseils juridiques, d’audits internes et de conformité réglementaire.
Expérience en Amérique latine : Leçons pour le Guatemala
La mise en œuvre des lois sur la concurrence dans d'autres pays de la région donne un aperçu de ce qui pourrait se produire au Guatemala.
I. Mexique
En 2014, le Mexique a renforcé son cadre concurrentiel avec la création de l'Institut fédéral des télécommunications (IFT) et de la Commission fédérale de la concurrence économique (COFECE). Le secteur des télécommunications a été l'un des plus touchés.
Des entreprises comme Telmex et América Móvil ont été soumises à une réglementation visant à limiter leur position dominante sur le marché. De ce fait, le coût de la téléphonie mobile a chuté de plus de 40 % au cours des trois premières années, ce qui a directement profité aux consommateurs.
II. Colombie
La Surintendance de l'industrie et du commerce (SIC) a sanctionné plusieurs entreprises pour pratiques anticoncurrentielles. Un cas notable est celui du secteur sucrier en 2016, où plusieurs entreprises ont été condamnées à des amendes pour entente illicite sur les prix. Cette mesure a stimulé la concurrence et permis à de nouveaux acteurs d'entrer sur le marché.
III. Chili
Le Chili possède l'une des législations sur la concurrence les plus strictes de la région, appliquée par le Parquet national économique (FNE). En 2017, le FNE a sanctionné plusieurs chaînes de supermarchés pour avoir conclu des accords visant à maintenir artificiellement les prix du poulet à un niveau élevé, ce qui a entraîné des amendes de plusieurs millions d'euros et des modifications de la structure des prix des produits de grande consommation.
Prochaines étapes et défis pour le Guatemala
Au niveau national, la loi sera mise en œuvre progressivement. Actuellement, le ministère de l'Économie (MINECO) procède à la sélection du conseil d'administration de la Surintendance de la concurrence, dont les membres seront nommés par le Congrès, le Conseil monétaire et l'Exécutif avant le 23 juin 2025.
L'une des premières tâches de la Cour suprême sera d'élaborer le règlement d'application de la loi, qui définira plus clairement les règles du jeu pour les entreprises et établira des sanctions pour celles qui ne respectent pas la réglementation.
En conclusion, la loi sur la concurrence transformera le marché guatémaltèque, obligeant les entreprises à adopter des stratégies plus efficaces et innovantes. Si elle est mise en œuvre efficacement, cette mesure pourrait profiter tant aux entreprises qu'aux consommateurs, en favorisant des prix plus justes et une économie plus dynamique.
Toutefois, l'expérience internationale suggère que son succès dépendra de l'indépendance et de la capacité de l'Autorité de la concurrence à appliquer la loi efficacement et sans ingérence politique.
Références
• Surintendance de la concurrence du Guatemala - MINECO ; 2025
• Commission fédérale de la concurrence économique (COFECE) - Mexique
• Surintendance de l'industrie et du commerce (SIC) - Colombie
• Parquet économique national (FNE) - Chili






























































































